Au-dela du sujet

On trouve chez Heidegger une critique de ce qu’il appelle « la métaphysique moderne de la subjectivité. » La métaphysique occidentale s’est bâtie depuis Descartes sur le primat du sujet autonome et monadique. Elle correspond à une forme extrême de l’oubli de l’Etre qui prépare le règne de la technique.  La déconstruction heideggérienne de ce primat lui a valu d’être taxé d’antihumaniste.

De ce point de vue-là, il est intéressant de relire cette critique à la lumière de la philosophie asiatique. Alors que le Vedanta Shankarien se fonde aussi sur le primat du sujet mais épouillé de tous les attributs individualisant que l’Occident lui attribue, on trouve dans le bouddhisme une critique radicale de la notion même de sujet. Cette convergence entre Heidegger et le Bouddhisme se concrétise notamment avec l’école de Kyoto.  Primauté de l’expérience antérieure à la distinction du sujet et de l’objet chez Nishida Kitaro ; critique de lu nihilisme de la volonté chez Keiji Nishitani etc…

Heidegger pointe dans la direction d’un dépassement. Le thème est repris ensuite par des auteurs comme Foucault avec la prophétie de la mort de l’homme. Mais le dépassement effectif ne peut peut-être être opéré sans les ressources d’une tradition autre que celle qui débute avec Parménide, Anaximandre et Héraclite.

This entry was posted in Miscellaneous. Bookmark the permalink.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

w

Connecting to %s