Pierre Hadot. Propos recueillis par Thierry Grillet. Nouvel Observateur du 10.07.2008.

« Dans l’Antiquité, par exemple chez Epictète, Plutarque, ou encore Platon, on trouve
une critique virulente de ceux qui se veulent exclusivement « professeurs »,
qui veulent briller par leurs argumentations et leur style et qui se
distinguent ainsi de ceux qui vivent leur philosophie. Cette même opposition se
perpétue dans la philosophie moderne. Kant oppose à la philosophie scolaire la
philosophie du monde qui intéresse tout homme. Schopenhauer se moque de la
philosophie universitaire qui n’est que de l’escrime devant un miroir. Thoreau
déclare : « De nos jours, il y a des professeurs de philosophie, mais pas de
philosophes », et Nietzsche écrit : « Avons-nous appris la moindre des choses
que les Anciens enseignaient à leur jeunesse ? Avons-nous appris le moindre
trait de l’ascétisme pratique de tous les philosophes grecs ? » Bergson et les
existentialistes défendent la même conception, celle d’une philosophie qui ne
serait pas un échafaudage de concepts mais un engagement de et dans l’existence. »

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