La mort de l’homme?

Une chose en tout cas est certaine : c’est que l’homme n’est pas le plus vieux problème ni le plus constant qui se soit posé au savoir humain. […] L’homme est une invention dont l’archéologie de notre pensée montre aisément la date récente. Et peut-être la fin prochaine.

Si ces dispositions venaient à disparaître comme elles sont apparues, si par quelque événement dont nous pouvons tout au plus pressentir la possibilité, mais dont nous ne connaissons pour l’instant encore ni la forme ni la promesse, elles basculaient, comme le fit au tournant du XVIIIe siècle le sol de la pensée classique –, alors on peut bien parier que l’homme s’effacerait, comme à la limite de la mer un visage de sable.

Michel Foucault (1926-1984), Les mots et les choses.

 

La fameuse crise de civilisation se manifeste par la crise épistémologique des «  sciences de l’homme  ». […] Les Sciences dites «  humaines  » (ou «  sociales  », ou de l’homme, etc…) ont substitué à leur sujet –  l’homo sapiens dans son universalité spécifique  – des réductions bâtardes qui, sous prétexte de démythification, aliénaient plus ou moins, donc mystifiaient, le projet et l’objet de l’espèce au profit de telle ou telle épistémè régionale. À cet inconfort … de l’épistémè moderne en Occident-Extrême, nul plus que Michel Foucault  n’a été sensible.

Gilbert Durand (1921-2012). Science de l’homme et tradition: Le nouvel esprit anthropologique.

This entry was posted in Bibliotheque philosophique, La science pense-t-elle?. Bookmark the permalink.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

w

Connecting to %s