Science nouvelle et metaphysique

Le métaphysicien, qui renonce à la connaissance conceptuelle afin de « contempler » l’essence des choses, sait, de plus, qu’il n’y a pas d’interrogation métaphysique qui ne l’implique lui-même – on l’a vu, même chez un Heidegger. De facto, ce que la physique quantique a enseigné au physicien (l’indétermination, la modification de l’observation par l’observateur, etc.), la métaphysique s’y est de tout temps confrontée : la limite du pensable, l’indécidabilité formelle, le fondement de la logique (non-contradiction), la coexistence des contraires apparents, les paradoxes formels et existentiels…

Si certains physiciens, parvenus aux limites de leur science, ont frôlé la métaphysique (Mach, par exemple), indéniablement, la physique est la parfaite illustration d’une science, peut-être la plus positive de toutes mais se heurtant à sa limite.

(…) Ainsi, la fin de l’illusion objective, ce n’est pas d’arrêter de croire aux lois positives qui permettent d’envoyer un homme dans l’espace ou de fabriquer des voitures à essence, mais d’arrêter de croire à l’objectivité d’un univers fini sans bord, d’une évolution qui ne démarre qu’après le commencement (mur de Planck).

Jean Borella (né en 1930), Qu’est-ce que la métaphysique ?

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