Histoire et dialectique

La seule idée qu’apporte la philosophie est la simple idée de la Raison — l’idée que la Raison gouverne le monde et que, par conséquent, l’histoire universelle s’est elle aussi déroulée rationnellement. […]. Le mal dans l’univers, y compris le mal moral, doit être compris et l’esprit pensant doit se réconcilier avec le négatif. C’est dans l’histoire universelle que le Mal s’étale massivement devant nos yeux, et en fait, nulle part ailleurs l’exigence d’une telle connaissance conciliatrice n’est ressentie aussi impérieusement que dans l’histoire. Cette conciliation ne peut être atteinte que par la connaissance de l’affirmatif dans laquelle le négatif se réduit à quelque chose de subordonné et de dépassé et s’évanouit. C’est la prise de conscience, d’une part, du véritable but ultime du monde, d’autre part, de la réalisation de ce but dans le monde : devant cette ultime finalité et sa réalisation dans le monde, le mal ne peut plus subsister et perd toute validité propre.

Georg Wilhelm Friedrich Hegel, La Raison dans l’histoire, 2e ébauche (1830).

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