Jihadism and Sacred geography in the Middle East

One of the great fears of our time is the fear of Jihadist movements. One cannot deny the magnitude of their success in different parts of the Middle East and elsewhere since the failed “Arab Spring.” The appeal to the restoration of Caliphate seems more and more attractive for a new generation of European converts that they are most often totally ignorant of the Sacred tradition they have embraced. About Iraq, one can only be preoccupied by the decision of the Obama administration to wash its hands about the situation that the US have themselves created. What is however frequently ignored is that these movements represent a prodigious force of secularization.
It may seem a paradox (or even a ridiculous idea) to claim that Jihadists are a secularizing force. Don’t they want to impose the Sharia and to build Islamic States? It is important however to remember that secularization can have two meanings: the decline of religion or on the contrary the immanentization of the Sacred, the transfer of religious symbols and practices to the mundane sphere. It has long been pointed out that Islamist as well as Jihadist movements are “political religions”, whose goal is to realize on earth the eschatological promise of traditional religion, even if it means using the most unholy and the most modern means.
Another dimension of this secularizing effect of jihadist movements, more marginal but which should not be totally overlooked is the following. By destroying systematically sacred shrines in the lands they are conquering (more recently the grave of the prophet Jonas in Mosul) they are permanently secularizing the geography of the Middle East.
The notion of sacred space is important in religious anthropology. The destruction of the symbols of the Sacred in space, a movement started by reformist and revivalist movements since the 18th century but dramatically accelerated by the contemporary Jihadist movements, can only contribute on the long term, when these movements will have lost their military and political momentum to a secularization of the region. Secularization will mean however the spread, not of liberal, democratic values but of modern nihilism.
Nietzsche had prophetized that nihilism would be the fate of Europe in the 20th century. The desert of nihilism is now growing in the 21st century Middle East …

Parce qu’il est de plus en plus difficile de se taire …

Depuis la début de la nouvelle opération israélienne sur Gaza, on ne cesse de répéter comme un mantra, le droit d’Israël à se défendre … en oubliant qu’il y a aussi un droit à résister et que s’il y a bien un peuple dans ce conflit qui lutte pour sa survie, pour son droit à exister, c’est bien le peuple palestinien. Les chiffres des victimes parlent d’eux-mêmes …

Dans ce contexte, on ne peut que s’indigner de l’attitude du gouvernement français qui prit dans l’engrenage d’un occidentalisme importé d’outre-Atlantique en vient à bafouer toujours plus les principes sur lesquels sa politique moyenne-orientale a été historiquement bâtie, sans même qu’on puisse voir concrètement quels bénéfices une France dont l’influence décline toujours plus dans la région, une France dont la seule force était d’introduire de tant à autre une voix dissonante, espère retirer de ses reniements. S’il est louable de vouloir prévenir les débordements antisémites (phénomène historiquement européen rappelons-le), comment ne pas voir que l’attitude du gouvernement ne peut qu’attiser la colère et favoriser la tache de ceux qui voudraient détourner les mouvements de protestation vers d’autres cibles ? Comment ne pas voir non plus que l’attitude du gouvernement consiste moins à lutter contre le communautarisme en tant que tel, qu’à en favoriser l’un contre l’autre, alors même qu’il devrait mettre tous ses efforts à rechercher avec ses partenaires européens une solution politique à un conflit qui reste matriciel. Ces identités qui s’entrechoquent et s’absolutisent, ces religions qui se politisent et ces politiques qui se métamorphosent en eschatologie ne sont pourtant jamais que l’effet d’une impasse du politique, d’une gangrène de la puissance devenue aveugle. Le meilleur service que les alliés d’Israël pourraient lui rendre, alors même que la colonisation rend chaque jour plus impossible une solution des deux Etats (seule solution réaliste pour deux peuples qui s’entretuent depuis plus de cinquante ans, seule solution finalement compatible avec le projet sioniste lui-même), ce serait de l’obliger à négocier un règlement durable … plutôt que le réapprovisionner en armes à la manière de pompiers pyromanes et devenus schizophrènes. Quitte à lui forcer la main par des sanctions que les Occidentaux sont tout prêts à agiter par ailleurs contre les Russes ou les Iraniens.

On devrait presque s’excuser de partager des idées aussi élémentaires, si le conflit israélo-palestinien, symbole de toutes les hypocrisies du système de sécurité internationale actuel, ne suscitait pas d’incroyables phénomènes d’amnésie et de lâcheté … Pour avoir été témoin dans le passé de la répression israélienne, même si c’était à petite échelle (les temps changent, mais pas pour le mieux), il m’était difficile de rester totalement silencieux.